Les Nécrosoris au pouvoir, la traque commence
 
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† Attendre, tomber, se relever. †

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Zohéir X'enlil
Élite des Assassins ~ Neutreavatar
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MessageSujet: † Attendre, tomber, se relever. † Jeu 31 Mai - 8:56

    † Attendre, tomber, se relever. †


    « C’est la fin d’une histoire,
    Le début d’une liberté
    Le commencement du désespoir,
    Et la plainte d’un fou-à-lier. »


    Zohéir posa les yeux sur son poignard. Son regard brillait d’une étincelle absente ; il semblait loin, dans un autre univers, peut-être perdu dans un monde insondable. Pourtant, son air était sérieux. Les fins traits de son visage étaient quelque peu mis en valeur par les rayons de la Lune qui s’était levée. Du haut du clocher, le misanthrope avait l’impression de pouvoir la toucher, tant sa complice était proche de lui. Il était né dans le secret et le mystère de sa lumière, il mourait ainsi. Zohéir passa ses doigts ensanglantés sur la lame noire comme l’obsidienne. Sur les piliers de bois qui maintenaient la lourde cloche, de longues traces de sang séchaient. Il s’agissait de son liquide vital à lui. À celui qui s’obstinait à renier l’espoir et que, depuis que la plus lourde désillusion de sa vie avait brûlé son âme corrompue, ne cessait de se mutiler de toutes les façons. Se frapper les poings contre le bois emplit d’échardes était poussé à l’extrême. Mais il ignorait ses envies masochistes et le fait qu’il courait à sa perte ainsi. Car peut-être que, finalement, c’était ce qu’il avait toujours cherché.

    La vie n’avait jamais souri à Zohéir. Jamais. Il avait enchaîné les déceptions qui avaient attisé toujours un peu plus sa folie et ouvert cette blessure dans son âme. Aujourd’hui plus qu’avant, cette plaie saignait abondamment. Récemment, le jeune elfe avait survécu de justesse à une mise à mort lui étant destinée. Il n’avait jamais pu se venger de Liam mais cela ne le hantait plus. Il avait peu à peu oublié sa rancune. Ses vengeances ne signifiaient plus rien pour lui. Elles étaient aussi futiles que le vent, ingénues. Il avait peu à peu appris à maîtriser sa haine envers Laurena, et l’avait oublié. La seule personne qu’il ne pardonnait pas était un homme aux cheveux noirs ébène, aux yeux perçants, rêvant de liberté et de paix, le voleur malin et habile, celui qui avait fait battre le cœur d’Eleana plus que Zohéir. Alcro Hélliway. En réalité, le misanthrope ne le haïssait pas ou quoi que ce soit. Bien entendu, ce serait mentir que de dire qu’il ne lui en voulait pas du tout. Mais étrangement, le jeune elfe n’arrivait pas détacher sa fascination pour cet animux qui avait réussi à le faire renoncer à lutter. Oui, techniquement parlant, Zohéir avait baissé les bras.

    L’abandon n’était plus pour lui une forme de faiblesse. Il l’avait désormais accepté et, comme à chacun des tournants de sa vie, il s’avouait vaincu. La flamme de son âme avait finalement été soufflée, peut-être par Alcro, peut-être par la souffrance, peut-être par la réalité. La vérité avait terminé de détruire le cœur fragile de Zohéir et ses cendres quittaient son corps par le sang qui suintait sur ses mains. Le misanthrope se sentait plus que jamais faible et insignifiant, impuissant face à la vie. Attendre. Il n’avait fait que cela, en tuant, en luttant. Avec l’espoir que son existence prendrait le tournant décisif, en bien ou en mal. Comme toujours, la chance n’avait pas souri à Zohéir. Elle lui avait ri au nez, l’avait perfidement nargué et lui avait agité l’espoir sous les yeux. Le jeune elfe l’avait effleuré. Puis son cauchemar était devenu néant, le vide qu’il redoutait tant, et qu’il redouterait à jamais. Il avait plus que jamais l’impression de mourir, mais pas à petit feu, mourir nettement et rapidement, comme lorsque l’on poignarde quelqu’un dans le dos. Se suicider pour ne plus rien ressentir, même pas le soulagement de ne plus vivre. Et renaître.

    Du haut du clocher de Méséria, Zohéir percevait les douces notes d’une musique qui semblait s’échapper tout droit d’une maison environnante. Ce chant le rendit mélancolique, et il ressassa de vieux souvenirs enfouis. La rencontre avec Sarah Flynn était son plus ancien instant où il s’était senti en sécurité et… heureux ? L’amitié qu’il avait porté à cette jeune fille était effarante tant elle avait été grande. Mais depuis plusieurs mois maintenant, l’animux louve n’était plus réapparue dans la vie de Zohéir. Et ne reviendrait sûrement jamais. Puis il y avait eu Eleana. Une larme roula sur la joue du misanthrope. Une seule. Il avait usé toutes les autres dans les nuits qu’il avait passé à se morfondre, à hurler sa peine et à évacuer par la souffrance la déchirure de son cœur. Il avait gémi des heures entières en répétant inlassablement le nom de celle qu’il avait aimé, dans une plainte sempiternelle. Et qu’il aimait toujours, à son plus grand désarroi. Il ne pouvait lutter contre l’attachement qui l’avait conduit à suivre cette jeune Filante, chasseuse de prime courageuse. Le souvenir de ses doigts effleurant les siens pour la première fois était si brûlant, si ravageur que Zohéir s’en était défoncé les mains contre les piliers du clocher.

    Mais la désillusion avait encore frappé lorsque, après la pseudo mise à mort, Eleana avait avoué son amour pour Alcro. « Je t’aime comme un frère. » avait-elle assuré au jeune elfe. Mais cette phrase n’avait fait que le faire souffrir encore plus. Lentement, avec des gestes lents et précis, le misanthrope saisit le bandeau noir sur lequel reposait son poignard à la garde en forme de serpent. Son nouveau sabre, qu’il n’avait que peu utilisé, restait immobile non loin de là, dans l’ombre de la nuit. Seul un faible éclat de la lame qui reflétait les rayons lunaires affirmait qu’il était bien présent. Tomber. Zohéir se banda rudement les yeux à l’aide du bandeau noir. Désormais, il ne verrait plus la vie. Il la sentirait, mais jamais plus il ne voulait revoir la peine et la tristesse qui l’avaient rongé durant tant de jours. Jamais plus il ne voulait connaître une pareille douleur à celle qui l’avait étreint lorsqu’Eleana avait posé ses magnifiques yeux gris tempête sur Alcro et lui avait avoué son amour. Les larmes souillèrent les joues creusées par les longs jours de jeûne de Zohéir, laissant un sillon sur la crasse de sa peau. Une dernière fois encore, pleurer était frustrant. Une dernière fois encore, sa souffrance était si plausible qu’elle en était presque palpable. Le jeune elfe sentit ses mains commencer à trembler irrégulièrement.

    L’heure était arrivée pour lui de dire adieu à sa folie, à sa misanthropie, à sa psychopathie. Il aurait tellement voulu que quelqu’un lui dise au moins une fois, juste une fois : « Tu n’es pas fou Zohéir, tu es normal. Tu es comme moi, un homme qui mérite un avenir. » Le destin du misanthrope semblait s’être arrêté ici. Il fit lentement un pas vers le rebord du clocher, où la gouttière et les tuiles lui étaient si familiers. La musique parvint une nouvelle fois à ses oreilles, il la savoura quelques secondes qui parurent durer une éternité. Aux pieds du clocher s’étendait un large canal aux eaux sans aucun doute polluées. Se relever. Zohéir fit un nouveau pas en avant et se laissa happer par les ténèbres. Le néant l’accueillit. La seule phrase qu’il n’oublia jamais fut celle du vieux philosophe qu’il avait un jour rencontré et tué et qui lui avait demandé avant de mourir : « Tu sais que le néant n’est jamais trop loin, n’est-ce pas ? » Zohéir ferma ses magnifiques yeux bleus profonds, dissimulés par le bandeau. Le vieillard avait ajouté dans un dernier souffle : « Tu ne pourras pas dire que je ne t’avais pas prévenu. » Dans sa chute, le misanthrope sentit son sang suinter sur ses vêtements et quitter son corps. Un pauvre sourire désabusé étira ses lèvres. L’espoir s’était évadé. Pourtant, Zohéir ne le regrettait pas. Jamais. Coïncidence ?

    ~ The End ~
    I’m not Bro. I’m nobody. Just be understood.

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Il y a à peine un instant, on m'a regardé pour toujours.
On n’est pas misanthrope pour rien, ni philanthrope pour les autres.
I'm Bro. The only Bro.




ZagZag, Cow.
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