Les Nécrosoris au pouvoir, la traque commence
 
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Time of the Identity [Pv Rose]

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Zohéir X'enlil
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MessageSujet: Time of the Identity [Pv Rose] Dim 8 Juil - 10:32



      Time of the Identity
      - Pv Rose & Zohéir -

      Depuis qu’Eleana avait quitté Zohéir pour pouvoir exécuter une certaine mission, ce dernier vivait à contrecœur avec un éternel regret dans l’âme. Il pressentait dans chacun de ses membres qu’il n’aurait pas dû la laisser aller, qu’il aurait dû davantage insister pour l’accompagner. Mais en sa présence, il était comme soumis à ses désirs et ses volontés. Alors il avait accepté qu’elle l’abandonne à son triste sort dans les forêts de Tivnia. C’était ainsi, il ne pouvait de tout évidence rien y faire. Et pourtant, il aurait tant voulu essayer ! Chaque jour qui s’écoulait sans Eleana était comme un clou qui s’enfonçait jusqu’à son cœur, l’histoire de dire : « C’est de ta faute si tu souffres, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. » Et qui ricanait ensuite. C’était dans ces moments d’incompréhension et de tort que Zohéir se maudissait. Lui qui, de nature, ne se jugeait jamais, prenait un plaisir sadique à avouer son erreur quant au départ soudain d’Eleana.

      Quelques temps s’étaient écoulés depuis lors, sans qu’aucun élément modificateur ne soit venu bouleverser la vie monotone de l’assassin. Il subissait les conséquences de ses actes sans broncher, comme il l’avait toujours fait. Mais le vide qu’avait laissé la jeune Filante derrière elle avait besoin d’être comblé, au moins le temps de leur séparation -car Zohéir s’était juré de la revoir, et ce, le plus vite possible. C’est ainsi que, la veille, le misanthrope s’était trouvé l’âme d’un voyageur, et non plus d’un tueur, et avait décidé de quitter pendant quelques temps l’agitation des cités pour goûter aux calmes des paysages sauvages d’Eséphia. Il avait gardé un bon souvenir de Parpanum -du moins, avant de rencontrer Laurena- et des forêts de Tivnia. Mais c’était tout autre chose qui l’avait attiré ce jour-là. Ce n’était ni la mer, ni le sable, ni l’herbe verte, ni la rocaille. C’était la neige. Il n’en avait jamais vu, car dans son monde à lui, il ne neigeait jamais.

      Les plaines de Givre semblaient l’endroit idéal pour satisfaire ses envies, et il s’y était rendu sans hésiter. Il pensait trouver là-bas le silence, le calme et la sérénité qu’il recherchait tant. Car quoi qu’on en dise, ce n’était que dans ces situations paisibles que la folie du jeune elfe ne se manifestait pas. Et ces derniers temps, avec le brusque départ d’Eleana, Zohéir avait plus que jamais besoin de se reposer et de cesser quelques instants de lutter contre lui-même. Comme rarement, il se sentait étrangement bien. Comme si un halo protecteur le suivait. Depuis qu’il était sûr de ses sentiments pour la jeune Filante, son esprit n’était plus que tourné vers elle et faisait continuellement des bons de joie. Cette euphorie transparaissait dans ses gestes, si bien que son dernier meurtre remontait à une semaine déjà. Voir couler sang était une sorte de drogue pour lui. Mais durant ces sept jours, son corps n’en avait pas demandé et l’avait laissé en paix, seul avec ses sentiments désormais beaucoup plus concrets qu’avant.

      Zohéir était heureux de pouvoir enfin découvrir ce que les gens nommaient « neige ». Il se souvenait que sa mère fantasmait beaucoup sur cela, sans en avoir jamais vu pour autant. Sa froideur ne lui était pas hostile, au contraire de ce qu’il aurait cru. Elle se confondait avec son corps glacé et blafard, il trouvait même cela quelque peu amusant. L’unique pensée que cette substance douce et blanche puisse avoir un point commun avec lui arrachait un léger sourire désabusé. Lui qui ne souriait jamais, c’était un exploit. Il se rappelait avoir déjà ressenti cette certaine euphorie le jour où il avait vu la mer pour la première fois, près de Stersa lui semblait-il. Le jeune elfe fit quelques pas, s’étonnant à chacun d’eux de ses pieds s’enfonçant dans la neige. Il paraissait tel qu’un enfant insouciant l’aurait été, se délectant de toutes ses nouveautés insolites et se divertissant de ces étendues de beauté. Car vraisemblablement, les plaines de Givre étaient un endroit magnifique, unique sur Eséphia. Un endroit tel que les vieux romans et les légendes vétustes en parlaient.

      Ses pas ne suffirent bientôt plus. Il commença à courir. De plus en plus vite, coursant le vent glacial. C’était comme tout oublier et revivre, pour ensuite tomber et se réveiller sur une réalité qu’on préfère nier. Zohéir courait à perdre haleine tandis que la froide brise fouettait son visage. Son haleine créait de fins nuages blancs dans l’air environnant, il prit donc d’autant plus plaisir à respirer. C’était magique, jamais il n’avait ressenti un tel sentiment de bien-être. C’était comme s’il avait passé toute sa vie en ce lieu, ce qui était bien évidemment faux. Il aurait voulu percer tous les secrets dans cet endroit si mystérieux et attirant. Finalement, essoufflé, Zohéir stoppa sa course à l’orée d’un petit bois de pins. Les hauts arbres se dressaient sans retenu vers les cieux, et l’assassin tenta vainement de discerner leur cime.

      Finalement, le tirant de ses pensées et de son euphorie d’enfant inconscient, un bruissement attira son ouïe développée. Il se figea imperceptiblement en position défensive. Sa main s’était d’instinct posée sur la garde de son poignard et le jeune elfe caressait cette dernière pour se donner du courage et chasser sa folie. Il ne voulait pas que cet instant unique soit brisé par ses doutes et sa psychopathie. D’un geste lent et silencieux, il dégaina son arme et jeta un regard circulaire. Personne à l’horizon, mais la forêt était la maîtresse de la discrétion. Qui sait qui pouvait-elle bien dissimuler entre ses arbres dénudés. Zohéir scruta la lisière du bois, plissant les paupières, à l’affût du moindre bruit. Soudainement, ses yeux se posèrent sur une femme qui passait dans la forêt, ne semblant pas l’avoir vu. Sa démarche souple et silencieuse était telle qu’on l’aurait confondu sans mal avec celle d’un félin. Sa longue chevelure rousse était visible à des kilomètres tant elle était flamboyante. Zohéir l’observa durant de longues secondes. Que pouvait-elle bien faire ici, en ce lieu désert et gelé ?


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Rose Kuraï
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Dim 8 Juil - 13:14

Joie. Liberté. Plénitude. Allegresse.
Ces mots-là résumaient bien ce que ressentait Rose.


Celle-ci marchait tranquillement sur les Plaines de Givre, d’une démarche légère, comme portée par le vent. L’air frais lui parvenait jusqu’à ses narines. La température froide n’était pas si désagréable que Rose aurait pu le pensé. En effet, habituellement, elle n’apprécie guère les températures glaciales, préférant les saisons chaudes. Mais le paysage qui l’entourait l’émerveillait totalement. C’était tout bonnement … magique. Oui, le terme était exact. Quoi que un peu vague, mais cela reflétait bien l’idée que se faisait la jeune femme de cet endroit. Le sol recouvert de neige couvrait le bruit de ses pas, les arbres couverts de givre offraient un beau paysage, et les légers flocons qui tombaient formaient un bel endroit.

Rose s’arrêta, en plein milieu d’un endroit découvert. Elle leva les bras de chaque côté de son corps, redressa la tête et ferma les yeux, un sourire béat aux lèvres. Elle se sentait bien, à l’aise, apaisée. Nul ne pouvait la déconnecter de cet instant si merveilleux auquel la jeune femme était plongée.

Puis, soudain, la jeune sorcière éclata d’un rire joyeux. C’était comme si elle voulait communiquer au reste du monde sa joie de vivre. Son instant de merveille si particulier. Si quelqu’un pouvait la voir, il découvrirait une jeune femme heureuse, pleine de vie. Sa chevelure flamboyante contrastait parfaitement avec le blanc du lieu auquel elle se situait. Sa tenue, qui n’était composée que d’un pantalon noir, de bottes assorties et d’un bustier blanc, ainsi qu’une épaisse cape de la même couleur que son haut. En effet, la jeune personne que voici fusionnait inversement avec l’endroit si paradisiaque. Mais cela lui était égal. Elle était seule.

Elle finit par baisser les bras, sans ôter son sourire pour autant.

Tout à coup, tout cet instant magique perdit de son éclat.
Rose sentait un regard pesé sur elle.
Décidant de jouer le jeu, elle s’élança devant elle, dans la direction opposée à la présence qu’elle ressentait. Dans sa lancée, elle se métamorphosa en tigre. Elle se cacha sous les buissons et rampa silencieusement. La rouquine avança de quelques pas encore, avant de découvrir qui était ce fameux intrus. C’était un elfe, de grande taille, aux cheveux noirs de jais en bataille, la peau pâle, avec des yeux perçants saisissant. Rose fut un instant stupéfaite par son regard profond. Si semblable au sien, d’une certaine façon. En effet, la jeune femme possédait une paire d’yeux bleu clairs, presque gris.


Lentement mais prudemment, Rose quitta son abri et avança à pas furtifs vers l’inconnu, le regardant dans les yeux. Une fois devant lui, elle sourit de toutes ses dents et reprit son apparence humaine. Elle se redressa complétement, lui adressant un sourire rayonnant.

-Ravie de te rencontrer, lui dit-elle d’un ton enjoué. Qu’est-ce qui t’amènes ici toi ?


Dernière édition par Rose Kuraï le Lun 9 Juil - 6:46, édité 1 fois
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Zohéir X'enlil
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Dim 8 Juil - 22:10



      Zohéir observa avec un air ébahi la transformation de la jeune femme en un magnifique tigre dont le pelage rappelait sa splendide chevelure rousse. Il resta quelques instants sans bouger, bouche bée, suivant des yeux le fier animal qui venait jusqu’à lui. Les Animux lui faisaient toujours cet effet-là d’étonnement et de magnificence. Il leur vouait un grand respect. Il y avait tout d’abord eu la jeune Sarah Flynn, avec qui il avait passé quelques temps et qu’il avait appris à connaître mieux que personne. Puis s’était imposé cet homme, Animux loup, qui se trouvait être le cousin de Sarah, et que Zohéir avait eu l’occasion de rencontrer au palais de Méséria puis sur les Terres des Cendres. Le jeune elfe n’appréciait pas particulièrement Alcro mais lui était redevable de l’avoir emmené avec lui pour quitter le territoire des dragons. Et ce jour-là, il y avait cette femme, Animux tigre. La transformation en animal était toujours aussi spectaculaire et mystérieuse.

      L’Animux s’avança jusqu’à Zohéir, sans un bruit. Elle semblait portée par le vent et ses yeux limpide semblaient pouvoir percer n’importer quelle barrière psychologique tant ils étaient perçants. L’assassin fut durant de longues secondes subjugué par la pureté du regard de cette femme. À la fois attirant et rassurant, ils semblaient détenir un gouffre sans fond où plonger serait irréversible. L’inconnue fut bientôt à deux petits mètres de Zohéir et reprit sa forme humaine. Chose peu commune lorsque l’on se trouve face à un assassin, elle lui offrit un sourire éclatant qui fit tressaillit le jeune elfe. Il recula hâtivement de quelques pas avant de détaille la nouvelle venue avec une attention et une curiosité grandissante. Son corps svelte et élancé, sa taille fine et ses magnifiques cheveux roux qui encadraient son visage angélique étaient les facteurs d’une irrésistible beauté. Le misanthrope cligna des yeux pour être sûr d’être toujours ancré dans la réalité tant le regard de l’inconnue le décontenançait. Zohéir ne pouvait détacher les yeux de cette femme si mystérieuse.

      - Ravie de te rencontrer. Qu’est-ce qui t’amènes ici toi ?

      Le ton enjoué et le sourire radieux de la nouvelle venue tirèrent l’elfe de ses pensées. Elle avait posé cette question avec tant d’aisance et d’assurance que l’assassin recula de nouveau. Malgré la beauté sans pareil de cette femme, il gardait ses distances, encore moins rassuré. Il tiqua au mot « ravie ». Lui qui pensait briser son intimité en la découvrant dans cet idylle sembla surpris par les paroles de l’inconnue. Et cette dernière restait une des rares personnes à ne pas commencer une discussion par l’éternel « Qui es-tu ? ». Cela avait beau n’être qu’un détail, il comptait énormément dans les raisonnements intérieurs et flous de Zohéir. Pour toute réponse, le jeune elfe commença par adresser un bref signe de tête à son interlocutrice. Un malaise grandissant se nichait dans son ventre et nouait son estomac. L’identique nœud, celui qui se formait à chaque des rencontres de l’assassin, encore plus lorsqu’elles se déroulaient dans des lieux à la base déserts.

      Ce qui l’amenait ici ? Zohéir n’aurait su répondre avec des mots. Ce sentiment de liberté et de sérénité ne l’étreignait que très rarement, pour ne pas dire jamais, et il ne trouvait pas les termes adéquats pour définir son ressenti. C’était plutôt un besoin à combler, au lieu d’une véritable nécessité. Il continua de dévisager la nouvelle venue, la bouche entrouverte comme s’il s’apprêtait à parler. Mais comme toujours, aucun son ne franchissait le seuil de ses lèvres. Ces dernières avaient d’ailleurs pris une légère teinte bleutée, sous l’effet du froid dont Zohéir n’était pas habitué. Son corps, continuellement glacé, n’était cela dit jamais exposé à des températures vraisemblablement basses, comme celle des plaines de Givre. Mais cela ne le dérangeait pas le moins du monde. Au contraire, observer son corps d’adapter un nouveau climat l’émerveillait. Des phrases sans queue ni tête se bousculaient dans son esprit confus. Pourtant, il avait envie de répondre, il avait besoin de répondre, mais la parole lui était si hostile qu’il n’arrivait plus à enchaîner deux mots d’affilé.

      Alors lentement, sans vraiment quitter des yeux la jeune femme, Zohéir s’agenouilla au sol. Il serra un peu plus fort la garde de son poignard, si bien que ses phalanges blanchir d’autant plus qu’elle ne l’était déjà. Le misanthrope enfonça la lame dans la neige et commença à tracer des lettres maladroites sur le sol. Bientôt, une phrase prit forme : « Je ne sais pas. » En réalité, il savait, mais ne savait pas comment l’expliquer à l’inconnue. Il avait conscience de ne pas beaucoup avancer la jeune femme mais l’incompréhension qui planait dans son esprit l’obligeait à rester implicite dans ses mots. Zohéir se releva finalement, prudemment, sans quitter la nouvelle venue des yeux. Une certaine crainte brillait dans son crainte. La peur de l’incompris et de l’inconnu. De ce qu’il ne pouvait espérer. Puis soudainement, l’assassin fit un pas et avança une main vers la jeune femme, comme s’il voulait la toucher. C’était le cas. Il voulait s’assurer qu’elle était bien réelle, là, devant lui. Il fit un nouveau pas. Puis quand il ne fut plus qu’à quelques centimètres de la nouvelle venue, il recula prestement sa main, comme brûlé à l’acide. Dans ses gestes, Zohéir ressemblait à une créature désœuvrée.


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Rose Kuraï
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Lun 9 Juil - 6:24

Rose sembla décontenancée l’espace d’un instant lorsque son interlocuteur recula de quelques pas, la mine étonnée. Elle afficha une expression surprise, avant d’arquer légèrement les sourcils, songeuse. Que lui arrivait-il ? D’un côté, elle avait l’impression d’effrayer le jeune homme, mais pas de peur. Non, d’autre chose. Mais quoi ? Elle n’en avait aucune idée. En tout cas, une chose était sûre : Cet homme l’intriguait. Sa réaction l’étonnait. Son expression presque ahurie la surprenait.

Ce dernier ouvrit la bouche, comme pour parler, mais aucun son n’en sortit. Le choquait-elle au point de le rendre muet de stupéfaction ? Non, ce n’était sans doute pas ça. Mais quoi alors ? La jeune Animux avait le pressentiment que la situation lui échappait.

Une légère bourrasque souffla sur l’endroit dénudé d’arbres. Rose écarquilla un instant les yeux avant de trembler. Décidément, le froid n’était pas sa température favorite. Elle croisa les bras sur sa poitrine en essayant vainement de se réchauffer. Mon dieu qu’il fait froid , se dit-elle. Des mèches rousses volèrent jusque devant ses yeux, qu’elle se hâta de remettre derrière son oreille. C’est alors qu’elle remarqua les lèvres bleutées de l’elfe qui lui faisait face. Ainsi lui aussi ne supportait guère les basses températures. Elle n’était pas la seule.

Le regard de l’inconnu n’avait pas quitté Rose. Celle-ci le dévisageait maintenant avec curiosité, des questions s’exposaient dans son esprit. Mais elle ne les disait pas à haute voix. C’était comme si elle était devenue soudainement muette. La jeune femme se contentait d’observer celui qui lui faisait face avec une curiosité certaine.

Puis soudain, l’elfe s’agenouilla, lentement, sans pour autant quitter les yeux de Rose. Celle-ci demeurait pétrifiée. Des mots s’alignèrent bientôt au sol, formant les mots « Je sais pas ». Intriguée, la jeune Animux pencha la tête sur le côté afin de lire l’inscription, et de redresser la tête en replongeant son regard dans celui du jeune homme en face d’elle. Celui-ci se releva doucement. Tous les deux semblaient hypnotisés par le regard de l’autre. C’était étrange. Rose était à la fois intriguée, curieuse et … étrangement fascinée. Par cet être qu’elle ne connaissait pas, qui réagissait étrangement. C’était comme déchiffrer un code. Elle souhaitait déchiffrer cet elfe. Et lorsque Rose désire quelque chose, elle peut se montrer des plus déterminées.

C’était comme si la rouquine observait la scène en tant que spectateur, et non acteur de ce qui se passait. Elle ne bougeait pas, ne parlait pas.

Lentement, le jeune homme s’approcha d’elle, en tendant une main hésitante vers le visage de Rose. Celle-ci le regardait avec attention, sans pour autant esquisser le moindre geste.
Puis, coupant court à l’instant propice, la main de l’elfe s’éloigna et il recula de plusieurs pas. Il semblait comme effrayé de ce qu'il allait faire.


Rose plissa les yeux, comme si elle désirait être sûre de ce qu’elle avait vu. Elle ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, mais aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres.

Pour une fois dans sa vie, Rose Kuraï n’avait rien à dire.

Puis elle décida de prendre les choses en main. Elle se rapprocha lentement, à pas furtifs, comme si elle était encore sous sa forme de tigre. Voyant qu’il paraissait craintif, elle tenta de le rassurer.

-Je t’en prie, n’aie pas peur de moi, je ne te veux aucun mal.

Lorsqu’elle fut suffisamment proche de lui, la jeune Animux le regarda de nouveau dans les yeux. Comme si elle désirait détailler chaque nuancée du regard perçant du jeune elfe. Il n’est pas comme les autres, se dit-elle comme remarque. D’une main hésitante, elle approcha sa main de la joue de l’elfe, mais ne fit que l’effleurer furtivement. Elle ne voulait pas l’intimider. Ce n'était pas son but. Cela n'avancerait à rien. Et puis, ce simple contact était assez plaisant. Rose était peut-être pas vraiment habituée à cela, mais cela ne voulait pas dire pour autant que cela ne lui plaisait pas.

La rouquine pencha la tête sur le côté, les yeux pétillants. Elle semblait comme intriguée. Ce qu'elle était.

-J'aimerais connaître ton nom, déclara-t-elle.

Sans présamption, elle posa sa main sur la joue pâle du jeune homme qui écarquilla les yeux.


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Zohéir X'enlil
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Lun 9 Juil - 8:05



      Le froid mordant porté par le vent de plus en plus violent agitait les cheveux noir suie de Zohéir. Les secondes s’écoulaient avec une lenteur effarante pour ce dernier. Son cœur battait à ses tempes et ses mains tremblaient légèrement. Il recula de nouveau, ses pieds s’enfonçant dans la neige. Son souffle glacé créait des volutes de fumée saccadée dans l’air tant sa respiration buttait dans sa gorge. Il semblait soudain aussi frêle qu’une piètre brindille. Une simple pichenette l’aurait soumis. À une centaine de mètres de là, la forêt de pins semblait vivante tant les arbres s’agitaient sous les bourrasques du vent. Pas un animal à l’horizon, pas un insecte. Personne. Seuls cette jeune femme et Zohéir, perdus au beau milieu de cette étendue de neige et de glace. Qu’était-elle venue faire ici ? C’était la deuxième fois que l’assassin se posait cette question, devenue existentielle. Mais cette fois-ci, il appréhendait plus que tout la réponse. Il avait pourtant conscience de ne jamais en obtenir. Il fit un nouveau pas en arrière.

      L’univers dans lequel il évoluait lui était si hostile. Tous ces gens qu’il croisait et qui le regardaient à la dérobée l’avait toujours effrayé. Mais dans un lieu tel que les plaines de Givre, cette peur était décuplée, l’endroit sensé désert et inhabitable. Cette femme lui apparaissait plutôt comme une ennemie ou une mauvaise ombre au contraire d’une véritable personne. Il n’arrivait pas à se convaincre qu’elle était inoffensive. Elle ne faisait pas partie de son monde, elle était donc loin, très loin. L’inconnue sembla prendre une décision et s’approcha à pas furtifs de Zohéir. Le jeune elfe crut la retrouver sous sa forme de tigre tant sa démarche était souple et silencieuse. Il resta pétrifié de stupeur. Ses mains tremblaient vraisemblablement et sa respiration s’était faite haletante. Le nœud dans son estomac se nouait à un tel point que l’assassin se figea littéralement. Il ne voulait pas revivre la peur qu’il avait ressenti le soir de sa rencontre avec Sarah Flynn ou celle dans le palais de Méséria. Jamais. Et cette jeune femme était comme un douloureux retour vers le passé. Il ne parvenait pas à repousser l’évidence.

      - Je t’en prie, n’aie pas peur de moi, je ne te veux aucun mal.

      Cette phrase frappa Zohéir tel un coup de poing. La seule personne qui lui avait déjà déclaré cela était Eleana. Son souvenir le brisa. Il baissa les yeux. Son cœur lui faisait mal, cette situation insolite lui échappait. Elle semblait n’être que du sable glissant entre les doigts du misanthrope pour retourner à Gaïa. Cette jeune femme ne pouvait pas comprendre quelle peur atroce survivait dans l’esprit de l’assassin et le rongeait chaque jour un peu plus. Elle ne pouvait pas comprendre que Zohéir ne faisait pas parti du même monde psychique, qu’il n’était qu’un intrus sur cette terre. Mais lui en avait tellement conscience qu’il voyait toute personne comme un véritable ennemi. Le jeune elfe se sentait tout petit à côté de cette femme. Elle semblait plus âgée, plus mature et plus adroite que lui. Elle continua d’avancer et fut bientôt toute proche de lui. Zohéir pouvait presque sentir son souffle chauffé l’air autour d’eux. Il ne bougea pas, pétrifié par la peur. L’inconnue effleura rapidement sa joue, d’un geste très bref. Ce simple contact fit tressaillir le misanthrope. La jeune femme pencha légèrement la tête sur le côté, avant de déclarer :

      - J'aimerais connaître ton nom.

      Cette situation était trop similaire à sa rencontre avec Eleana. Trop douloureuse. Zohéir avait l’impression qu’il s’agissait d’un mauvais tour de son esprit qui s’amusait de sa souffrance en créant des illusions et attisant ainsi les souvenirs du jeune elfe quant à la belle demi-Filante. La jeune femme finit par poser sa main sur la joue de l’assassin. Ce dernier écarquilla les yeux tandis que la paume le brûlait. Cette chaleur lui était si rare qu’il restait horrifié. L’inconnue ne le quittait pas des yeux. Il sembla subitement basculer dans un autre monde, une autre dimension. Pénétrer dans son univers intime, celui qui subsistait dans son esprit instable. Un long frisson glacé remonta sa colonne vertébrale. Le contact avec la main de l’Animux le pétrifiait davantage que la proximité de cette dernière. Il se sentait mal. Cette femme lui rappelait trop Eleana. Il en souffrait. C’était comme si la paume de l’inconnue était en train de le ronger de l’intérieur, de le détruire. Alors lentement, Zohéir posa sa main sur celle de la jeune Animux. Il puisa dans ce geste toute la douceur et la beauté qu’il avait ressenties avec Eleana. Une larme de cristal roula sur sa joue avant de se solidifier sous l’effet du froid et de laisser un sillon de glace sur la peau de l’assassin. Il voulut hurler, se démener dans cet étau de souvenirs qui se resserrait vraisemblablement sur son esprit et le torturait, mais aucun son de s’échappait de sa bouche entrouverte.

      Puis brusquement, Zohéir recula et trancha net le lien qui s’était établi entre lui et l’Animux. L’image d’Eleana s’estompa peu à peu et ne laissa que douleur et peine dans l’âme du jeune elfe. Ce dernier vacilla, et finit par tomber à genoux. La jeune Filante hantait continuellement son esprit. Il la savait loin, cette idée le déchira. Il sentait la présence de l’inconnue près de lui et se demanda intérieurement ce qu’elle allait penser. Qu’il était fou, sans aucun doute. Qu’il n’allait pas bien mentalement. Zohéir trouva tout de même la force de tendre la main et d’inscrire dans la neige sans se poser de questions : Zohéir. Elle avait demandé son nom. Il lui répondait. Il n’aurait jamais fait cela avant. Mais il aurait tout fait pour que cette situation bascule et que ces souvenirs cessent de le torturer. Le jeune elfe fit ensuite une chose inattendue : il releva les yeux vers la jeune femme. Dans son regard brillait une étincelle de peur et de supplication. Le plus fou était que Zohéir pouvait se montrer cruel et sans pitié avec ses victimes et démuni et insignifiant lorsqu’il s’agissait de faire face à la réalité. Il était faible dans le monde réel. Le jeune elfe, toujours à genoux, tendit sa main vers celle de l’Animux et la saisit comme s’il s’agissait du plus fragile des cristaux. Puis sans hésitation, il la porta à sa joue et ferma les yeux, savourant le contact et la chaleur qu’il avait tant aimé avec Eleana.


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Rose Kuraï
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Lun 9 Juil - 12:43

L’étonnement, voir l’ahurissement se laissait percevoir sur les traits du visage de l’elfe. Il regardait Rose avec stupéfaction. Celle-ci se mit à détailler son visage d’un regard intense. Elle observait chaque trait, chaque courbe de son visage, comme si elle voulait l’inspecter plus en profondeur. Comme le sonder. Cet homme s’avérait vraiment intriguant. Tant de mystères l’enveloppaient, l’instinct de la jeune Animux lui soufflait qu’une brume épaisse entourait le jeune homme. Bien sûr, c’était une métaphore. La rouquine sentait sa réticence, même s’il ne faisait aucun geste pour le démontrer. Ses yeux parlaient pour lui. Dès qu’elle l’avait croisé, elle avait entrevu la lueur de tristesse qui brillait au fond de son regard. C’était saisissant. Dorénavant, son regard était voilé par autre chose. Douleur ? Peut-être. On aurait dit qu’il souhaitait dire quelque chose à l’adresse de la femme qui lui faisait face, mais aucun son ne sortait de sa bouche encore entrouverte.

Une larme coula le long de la joue gauche de l’inconnu. Une seule, mais tellement révélatrice de la douleur qui tiraillait vraisemblablement ce dernier. Cet homme paraissait tiraillé par quelque chose. Mais quoi ? Un souvenir ? Oui, sans doute. Mais pourquoi Rose le ravivait-elle dans ce cas ? Lui rappelait-elle quelqu’un ? Peut-être, elle n’avait aucun moyen de vérifier ses dires. Mais qu’avait-il traversé pour devenir comme ça ? Etait-il en fuite ? Ou recherchait-il simplement la tranquillité, tout comme elle ? Ou bien …
Ses interrogations intérieures furent brusquement coupées par le contact de la main de l’elfe, qui venait de se poser sur la sienne. Ce simple contact surprit la jeune femme. Cela l’étonnait. La réaction de l’elfe, plutôt.


Puis soudain, le contact fut brisé. Leurs mains se séparèrent brusquement, tandis que le jeune homme tombait à genoux. Effarée, la rouquine écarquilla les yeux par ce brusque changement de comportement. Qu’est-ce qui dérangeait l’elfe ?

Un mouvement de la part de celui qui était accroupi à ses pieds l’alerta. Rose baissa la tête et pu lire l’inscription désormais gravée dans la neige : Zohéir. Elle fronça les sourcils, avant de comprendre. Zohéir. C’était son prénom. Elle le lui avait demandé tantôt. Mais pourquoi ne le lui disait-il pas à voix haute ? Désirait-il vraiment ne pas parler, ou en était-il plutôt incapable ? Ainsi donc, il était en quelque sorte … muet ?

Mais alors que des questions plus pertinentes affluaient dans son esprit, le jeune homme plongea son regard dans celui de la jeune Animux. Ce simple contact visuel la rendit muette et immobile. Tant de sentiments réunis en un seul regard ... C’était stupéfiant. En ce simple geste, il lui communiquait bon nombre d’émotions. Telles que la douleur, la tristesse, l’amertume. Mais encore plus saisissant, c’étaient la peur et la supplication qu’elle lisait dans ses yeux. Choses étonnantes. Pourquoi avait-il peur ? Pourquoi la suppliait-il ? Que voulait-il qu’elle fasse ? Tant de questions sans réponses …

Rose sursauta lorsque Zohéir saisit sa main entre ses doigts, et la porta à sa joue glacée par le froid mordant qui les entouraient. Puis, comme pour savourer encore plus ce simple geste, il ferma les yeux, soudainement apaisé.

Des réactions se succédèrent, toutes presque invraisemblables de la part de la rouquine.

Attendrie par cette vision touchante, elle se baissa à sa hauteur, les genoux contre la surface enneigée. Malgré le froid qui la tiraillait, elle l’ignora. Elle observa bien en face l’elfe qui aurait presque parut fragile en cet instant.

D’un geste doux, comme pour ne pas l’effrayer, voir briser cet instant, elle caressa sa joue avec sa main, s’aidant de son pouce. Un sourire tendre apparut sur ses lèvres. C’était vraiment étonnant. Voir irréel. Pourtant, Rose avait le pressentiment qu’elle ne rêvait pas. Avec son autre main libre, elle caressa l’autre joue du jeune homme. Ce dernier ouvrit subitement les yeux. Mais la jeune femme rousse ne lui laissa pas le temps d’esquisser le moindre mouvement.

-Tu es tellement intriguent, Zohéir, à ta manière … Soupira-t-elle d’une voix intriguée.

Un violent frisson la parcourra subitement lorsque le vent augmenta d’intensité. Et par la même occasion, le froid. Ses lèvres tremblaient légèrement, se colorant lentement de bleu. Son regard fut un instant voilé par sa peur. Elle n’aimait pas du tout le froid … Elle se rendit alors compte que ses muscles étaient paralysés par le froid. Décidément, les températures glaciales ne la réussissait pas.

Une bourrasque la fit vaciller, et elle du ôter sa main droite de la joue de Zohéir pour s’empêcher de se ramasser sur le sol. Ses doigts se crissèrent sous le sol enneigé.

Elle eut un petit sourire presque triste.

-Décidément … le froid ne … me réussit pas, articula-t-elle avec un léger rire nerveux.
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Mar 10 Juil - 1:17



      Spoiler:
       

      Zohéir paraissait coupé du monde. Il gardait la chaude main de la jeune femme contre sa joue et ne bougeait plus. Il appréciait plus que tout la douceur des doigts de l’inconnue. Sa respiration s’était calmée, il n’était plus ancré dans la réalité. Le manque de réaction de son interlocutrice ne le tracassait pas, il en était habitué et savourait donc le silence pesant qui s’installait. Durant les longues minutes où aucun des deux ne pipa mot, le vent s’intensifiait et l’air devenait de plus en plus glacé et tranchant. Zohéir frissonna légèrement. Le froid mordant traversait sans mal les fines guenilles de l’elfe et semblait lui lacéré la peau. Mais il l’ignorait, les yeux toujours clos et les genoux contre la surface enneigée. La jeune femme aussi ne semblait pas des plus à l’aise dans cet environnement de glace. Les premiers flocons se posèrent sur le sol. Le ciel lui-même ne devenu qu’une étendue infinie de blancheur et la neige saupoudra bientôt les vêtements des deux insouciants.

      Finalement, la jeune femme s’étant agenouillée devant Zohéir commença à lui caresser la joue d’un geste doux. Se trouver face au misanthrope avait toujours été quelque chose d’éprouvant et d’insolite. Mais l’inconnue gérait l’irréel de la situation avec une aisance remarquable. L’assassin sentait son pouce passer et repasser sur sa peau glacée, sans aucune hésitation. Elle n’avait donc pas peur ? Cette simple idée le rassura. Puis de sa main libre, la jeune femme commença à caresser l’autre joue de l’elfe, qui ouvrit subitement les yeux. Cette scène avait quelque chose d’enfantin, et de tellement douloureux. C’était comme si cette inconnue se trouvait face à une question sans réponse, un point d’interrogation sans phrase. C’était cela, se trouver face à une différence, face à une anormalité de la vie. C’était cela, être face à un malade mental. Zohéir ne se rendait pas compte de l’absurdité de sa peur, de ses gestes, de son inhabituel caractère. Et cette Animux arrivait tout de même à l’accepter. Elle était vraiment épatante.

      - Tu es tellement intriguant, Zohéir, à ta manière…, soupira-t-elle.

      Cela aussi, Eleana lui avait avoué. Le cœur du misanthrope se serra de nouveau, mais avec moins d’appréhension que la première fois. Le vent devint plus violent, et plus glacé surtout. Le jeune elfe frissonna de nouveau, incapable de nier que le froid avait des conséquences sur son organisme. L’inconnue aussi paraissait mal en point face à la tempête de neige qui se profilait. Sa magnifique chevelure rousse était parée de dizaines de petits cristaux de glace et ses épaules étaient recouvertes d’une fine couche de neige poudreuse. Pour la première fois depuis leur rencontre, Zohéir l’observa avec assurance, comme si sa peur s’était soudainement éclipsée. Ce qui n’était évidemment pas le cas, mais juste une illusion éphémère. Brusquement, prenant le misanthrope au dépourvu, la jeune femme vacilla et dû ôter une main de son visage pour se retenir de tomber dans la neige. Elle esquissa ensuite un faible sourire triste qui déstabilisa l’assassin.

      - Décidément… le froid ne… me réussit pas, articula-t-elle avec un léger rire nerveux.

      La tempête de neige était désormais levée. Mais au contraire de ce que l’on aurait pu croire, Zohéir ne resta pas ainsi, recroquevillé dans la neige. Il se releva avec peine, les muscles en partie paralysés par le froid, et observa un instant la jeune femme, décidant qu’il ne pouvait pas la laisser là. Elle l’avait touché sans peur, avait caressé sa joue. Non, décidemment, il ne pouvait pas l’abandonner ici, dans tout ce froid. Alors avec des gestes calmes et parfaitement calculés, Zohéir passa un bras sous les épaules de l’inconnue, qui semblait au plus mal dans cette neige. Ses lèvres avaient bleui elles aussi et elle grelotait quelque peu. L’assassin la contraignit à se relever avant de la soulever avec précaution et de la porter. Elle ne bougeait plus, comme si le froid l’avait achevé. Le seul indice qui trahissait la vie dans son corps était sa respiration saccadée. Zohéir la gardait dans ses bras pour la réchauffer et, quelques instants plus tard, il entama sa marche.

      Le vent et la neige luttaient contre lui, mais ses pas, bien que lents, ne restaient pas vains. Le jeune elfe se dirigeait tout droit vers la forêt avec l’espoir d’y trouver un abri de fortune, au moins jusqu’à ce que la tempête se calme. L’Animux dans ses bras n’était plus qu’un poids mort qui grelotait. Zohéir la comprenait parfaitement. Il faisait cela pour sauver leur peau, et parce qu’il se sentait redevable à l’inconnue. Lui qui avait tant hésité à la toucher quelques minutes plus tôt la portait désormais dans ses bras en quête d’un refuge. Mais bien évidemment, dans ce lieu perdu, aucun endroit n’était susceptible de leur servir d’abri. Le misanthrope ne se sentait vraiment pas bien, tiraillé par ses souvenirs et le froid, mais il ne cessa pour rien au monde sa marche. Finalement, après avoir longtemps progressé entre les arbres de la forêt figée, Zohéir aperçu une cabane de taule vétuste. Il avança difficilement jusqu’à elle et poussa la vieille porte de bois flétri. À l’intérieur, le froid régnait toujours, mais moins tranchant, et l’assassin déposa la jeune femme dans le salon, sur les vestiges d’un canapé. Il s’assit dans un coin, à l’écart, dans l’obscurité, et ramena ses genoux contre son torse. Il se sentait honteux de son geste, d’avoir sauvé cette inconnue. Cette dernière reposait désormais sur la vieille banquette, entre l’inconscience et la réalité.


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Dernière édition par Zohéir X'enlil le Mer 25 Juil - 20:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Jeu 12 Juil - 1:57

Rose plissa les yeux, dans une veine tentative de se ressaisir. En vain. Le froid environnant les enveloppait totalement. Le vent déferlait sur toute la surface des Plaines de Givre. Elle grelottait, ainsi, à quatre pattes, sur le sol, les yeux plissés. Elle n’arrivait plus à bouger, ses muscles ne lui répondaient plus.

La jeune Animux était à peine consciente que quelqu’un l’aidait à se relever. Elle ne réagissait pas, comme inerte. Son corps continuait de trembler légèrement sous la température glaciale. Elle n’esquissa pas le moindre geste lorsque des bras la soulevèrent de terre et la portèrent. La rouquine paraissait bien loin de la réalité. Comme dans un autre univers, entre l’inconsciente et le réel. Malgré tout, elle éprouvait un certain réconfort dans cette position. Elle ne put s’empêcher de se loger un peu plus contre cette soudaine source de confort et d’en profiter aisément. Rose tremblait encore légèrement, mais nettement moins.

Des bourrasques s’élevaient, de plus en plus fortes. Rose ne se souciait de rien. Uniquement de la douleur et de la fatigue qui tiraillaient son corps, ainsi que le froid mordant qui ankylosait ses muscles, les rendant inutilisables. A chaque coup de froid, la jeune Animux se blottissait encore plus, et tremblait de plus bel. Elle se mit alors à penser d’une voix presque plaintive : « Mais qu’est-ce qui m’as pris de me rendre seule … seule sur ces Plaines. Où il y a ce foutu vent ! Et en plus, seule. Des fois, je suis vraiment inconsciente … Non, rectification : je le suis tout le temps. Et puis, comment ça se fait que je ne sente pas la neige sous moi ? Normalement, je devrais la sentir … Pourquoi je ne la sens pas ? Et pourquoi je sens un mouvement prêt de moi … Attend, quelqu’un me porte ? Ah oui, mais c’est qui ? J’étais seule jusqu’alors … Ah mais non, c’est vrai, il y avait cet elfe … Je me souviens déjà plus de son nom, j’ai si froid … Nan, ça me revient. Zohéir. Oui, c’est ça ».

Plus rien. Le vent avait cessé de fouetter le corps tremblant de la rouquine, qui malgré cela ne se décidait toujours pas à bouger. Elle avait fermé les yeux, et n’avait même plus la force, voir l’envie, de les ouvrir. Une chose était sûre, elle n’était plus dehors. Elle ne sentait plus les bourrasques. Donc ils étaient à l’abri. Mais où ? Etait-elle seule ? Ou l’elfe était resté avec elle ?
C’est sur ces questions intérieures que le sommeil la happa avec force.


**
*


Rose finit par se réveiller doucement quelques instants plus tard. Après des heures, des minutes, elle n’en n’avait aucune idée. Mais, franchement, ce n’était pas sa première préoccupation. Déjà, c’était d’ouvrir les yeux, et d’arrêter de serrer le tissu qui la recouvrait avec acharnement. Ce serait un bon début, effectivement. Alors, délicatement, la jeune Animux ouvrit les yeux et leva quelque peu la tête, afin de détailler l’environnement dans lequel elle se situait.

C’était une pièce exiguë, et poussiéreuse. La jeune rousse releva le haut de son corps et passa ses mains sur son visage, comme pour s’assurer qu’elle était bel et bien réveillée. Elle se rendit alors compte que le tissu qu’elle maintenait contre elle était en fait que sa cape blanche, et qu’elle était allongée sur un canapé miteux. Mais un canapé tout de même.

La rouquine se leva, non sans tituber l’espace de quelques secondes avant de se reprendre. Elle eut malgré elle quelques petits frissons, et elle se frotta les bras dans le but de se donner un minimum de chaleur.
Elle fit quelques pas dans la direction d’une fenêtre couverte de buée et de poussière. Elle observa à travers, et put voir que le vent continuait de déferler sur toutes les Plaines. Décidément, la tempête ne se calmerait pas de sitôt.


La jeune rousse soupira avant de faire les cents pas dans la pièce. Elle n’avait jamais été connue pour sa docilité, sa discipline, et encore moins son manque de jugeote ! Le dynamiste demeurait constant chez elle. C’était inné, c’était comme ça. Et restée cloitrée, enfermée, refroidie, n’était pas son passe-temps favoris. Loin de là. Il fallait qu’elle bouge. Qu’elle fasse quelque chose de stimulant, n’importe quoi …

Son regard dériva sur l’elfe sagement endormi dans un coin de la pièce. La jeune Animux arqua un sourcil, puis un petit sourire fendit son visage angélique. N’empêche pour quelqu’un de quasi prisonnière, je suis pas si mal tombée finalement … Se dit-elle.

Sans faire attention, comme à son habitude, elle s’approcha furtivement de lui à pas furtifs, silencieux. Quoi que ce n’était pas très difficile, avec le boucan qu’il y avait autour d’eux. Rose le regarda fixement durant quelques secondes avant de s’asseoir à quelques pas de lui, le dos adossé contre le dossier du canapé (Derrière quoi xD). Elle ramena ses genoux contre sa poitrine et les entoura de ses bras. Elle se blottit contre sa cape du mieux qu’elle le put, afin de se réchauffer au mieux.

Finalement, encore fatiguée, elle posa sa tête sur ses genoux. Ses longs cheveux roux cachaient presque totalement ses jambes. Rose ferma les yeux et se détendit.


**
*


Lorsque la jeune femme reprit conscience quelque temps plus tard, elle se sentit observée. Elle releva lentement la tête, les yeux encore à demi fermés. Quand elle croisa le regard qui était posé sur elle, elle écarquilla les yeux, soudainement entièrement réveillée. Son visage finit par laisser apparaître un sourire.

-Ah, tu es réveillé.

Rose s’étira de tout son long et laissa sa jambe droite à plat sur le parquet. Elle désigna la fenêtre du menton.

-Ce n’est pas de sitôt qu’on pourra sortir … Soupira-t-elle.

Une pensée lui revint en mémoire et elle sentit ses joues s’empourprer légèrement.

-Ah, et, euh … Merci, pour toute à l’heure dans la neige. De m’avoir sauvée du froid et de m’avoir … portée, le remercia-t-elle avec embarras.

Elle se mordit la lèvre inférieure, nan mais quelle idiote de première ! Elle, l’indomptable, la courageuse, l’insolente Rose Kuraï, rougit devant un elfe qu’elle venait de rencontrer ? C’était du jamais vu.



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Zohéir X'enlil
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Mer 25 Juil - 20:45



      La maison était étrangement vieillie par les années, comme venue d’un autre temps. Durant le sommeil de la jeune femme, Zohéir avait eu l’occasion de parcourir cette cabane de pierre et de taule. Dans une pièce avoisinante, que l’on pourrait qualifier de cuisine, ne se trouvait qu’un four vétuste taillé dans une roche plus sombre que l’obsidienne elle-même. Des cendres trainaient encore au fond du fourneau obscur et démontraient encore de la vie d’antan dans ce lieu désolé. Le jeune elfe ne trouva, dans toutes les pièces, aucun meuble. Aucun élément de bois. Mais les marques de brûlures sur les murs, le plafond et les quelques objets de pierre laissaient à penser qu’un feu avait eu lieu ici, et qu’il avait tout ravagé. Zohéir en fut certain lorsque, visitant un étage tout aussi désert que le reste de la maisonnée, il découvrit, étendu sur le sol froid, le squelette d’un immense homme, peut-être un elfe. Il ne bougea pas, ne s’étonna pas vraiment. En réalité, cette maisonnée glauque ne l’impressionnait pas du tout, et ce cadavre n’était que la preuve qu’une vie avait eue lieu ici. La cause de ce décès était bien évidemment un incendie. Mais qu’est-ce que la personne ayant bâtit cette cabane cherchait ? La solitude ? La peur ? Etait-il un ermite ?

      Zohéir ne mena pas l’enquête plus longtemps, il avait ses réponses et n’en désirait pas plus. La curiosité ne l’atteignait jamais plus que cela. Il se fichait du monde et de ses déboires. Ses problèmes le laissaient indifférent. Le jeune elfe aurait pu paraître ainsi égoïste. Il ne l’était pas. Juste désintéressé de cette dimension hostile dans laquelle il évoluait chaque jour un peu plus. L’assassin se posta devant une fenêtre et observa la forêt qui s’étendait et qui formait comme un étau autour d’eux, comme pour les garder prisonniers. Le vent ne cessait pas d’amplifier sa force et sortir maintenant serait un suicide. Qui plus est, d’étranges hurlements inhumains parvenaient aux oreilles sensibles de Zohéir. Ils n’étaient pas seuls dans cette forêt douteuse, et en mauvaise compagnie par-dessus tout. La tempête qui évoluait dehors balayait tout sur son passage et soulevait la neige avec une puissance peu commune. De petits glaçons vinrent frapper la vitre et laissèrent des entailles, faisant reculer le jeune elfe. Ce dernier décida de retourner dans le salon.

      Il s’installa contre le mur où il se trouvait avant de partir en exploration, bien calé dans l’ombre, et finit par se coucher. Il se recroquevilla sur lui-même, tentant vainement de purger de la chaleur dans ses gestes. Son cœur ralentit, son souffle se stabilisa. Zohéir n’était pas apte à dormir, étant insomniaque, mais pénétrer dans son monde le calmait souvent. Il ferma les yeux, comme si le sommeil était en train de le happer. À peine furent-ils clos que des dizaines d’images défilèrent dans son esprit. Le froid environnant ne lui rappelait que peu de choses, mais les plus lucides restaient celles-ci : la main rigidifié et froide de son père lorsque sa mère l’avait tué, et son corps glacé alors qu’il s’était fait mordre par un Tretias, dans la forêt de Tivnia avec Eleana. Père ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Rien. Et mère ? Idem. Zohéir finit par se laisser divaguer dans une inconscience peuplée de souvenirs et de cauchemars.

      ***

      L’assassin ouvrit les yeux quelques minutes avant le réveil de la jeune femme, dont il ne connaissait toujours pas le nom qui plus est. Ce léger détail commençait à le déranger mais il ne trouvait les mots adéquats pour le lui demander. Comment avait-elle dit déjà ? « J’aimerai connaître ton nom. » C’était bref. C’était clair. Et cela avait marché. Non, il ne pouvait pas reprendre ces mots. Ils correspondaient à la jeune femme, pas à lui. Il ne lui appartenait pas. Qui es-tu ? Non, cette question était bien trop vague. Zohéir se prit la tête dans ses mains. C’était si compliqué. Etait-il condamné à vivre dans la difficulté des mots toute sa vie ? Le jeune elfe observa une nouvelle fois l’inconnue toujours étendue sur le vieux canapé. Qui es-tu ? Pourquoi m’avoir touché la joue ? Il se rappela sa chaude main lovée contre sa peau. Un frisson glacé remonta dans son dos. La tournure que prenait cette situation lui était désagréable. L’incompréhension, l’inconscience.

      Finalement, la jeune femme finit par ouvrir lentement les yeux. Lorsqu’elle avisa le regard de Zohéir pesant sur elle, elle se réveilla subitement. Elle se trouvait adossée au dossier du canapé, les genoux ramenés contre sa poitrine. Qui es-tu ? Réponds-moi ! Le misanthrope ne possédait pas le don si convoité de la télépathie. Mais ces questions résonnaient dans son esprit en heurtant les parois de son subconscient. Qui es-tu ? Quel est ton nom ? L’assassin semblait avoir surpris l’inconnue. Il ressentit un certain remord nouer son estomac mais se reprit très vite. Ses yeux croisèrent de nouveau ceux de la jeune femme et s’y attardèrent quelques secondes. Elle possédait un regard étrangement attirant et hypnotisant. Limpide, aussi clair que de l’eau de roche, il semblait s’accrocher avec acharnement au moindre sentiment laissé transparaître par son interlocuteur. À son plus grand désarroi sûrement, Zohéir était quelqu’un de plus qu’impassible et il était difficile de tirer quelque chose de son expression faciale. Pour ne pas dire impossible.

      - Ah, tu es réveillé.

      Zohéir détourna rapidement les yeux. Il avait tellement été subjugué par le regard de la jeune femme qu’il en avait oublié la situation critique dans laquelle il se trouvait à ce moment même. Le froid créait de petits cristaux glacés qui contrastaient parfaitement avec l’ébène de ses cheveux. Son visage creusé paraissait encore plus livide dans ce froid mordant qu’à l’accoutumé. Ses doigts tremblaient légèrement, comme souvent, et il s’était décalé contre le mur pour s’éloigner un peu plus de son interlocutrice. Après l’avoir porté jusqu’ici, il se sentait d’autant plus mal à l’aise. L’inconnue s’en était-elle rendu compte ? L’avait-elle mal pris ? Il était vrai que Zohéir l’avait sauvé d’une mort certaine en l’amenant jusqu’ici mais tout de même. N’avait-il pas fait une erreur ? Le jeune elfe guettait d’un œil attentif les gestes de la jeune femme. Cette dernière s’étira comme un félin et finit par désigner la fenêtre du menton :

      - Ce n’est pas de sitôt qu’on pourra sortir…, soupira-t-elle.

      Zohéir n’acquiesça même pas, perdu dans ses pensées. Il ne jeta qu’un bref coup d’œil à la vitre et put effectivement constater que le vent avait doublé de violence, si bien que le verre et les volets vibraient doucement. Un arbre s’abattit avec fracas, délogé par la tempête. Le misanthrope ne commença qu’à cet instant à redouter la suite des évènements. Et si la cabane de taule et de pierre était détruite ? Et si la tempête de neige ne cessait pas avant longtemps et qu’ils mourraient de faim et de soif ? Avec des « si », on referait le monde et l’histoire, c’en était certain. Zohéir n’avait pas l’habitude de craindre pour sa survie mais cette mort ne lui semblait nullement acceptable. Congelé, ce n’était pas très glorieux comme fin. Et il avait promis qu’il retrouverait Eleana, il ne pouvait faillir à cette parole.

      - Ah, et, euh… Merci, pour toute à l’heure dans la neige. De m’avoir sauvée du froid et de m’avoir… portée, fit la jeune femme avec embarras.

      Il tiqua à cette phrase. Discernait-il un remerciement dans ces paroles ? Oui, c’était bien cela, l’inconnue venait de le remercier. Ce simple « merci » effaçait ses doutes mais le laissait tout de même un peu sceptique. L’assassin exécuta un petit signe de tête pour faire comprendre à la jeune femme qu’il n’y avait pas de quoi et s’avança prudemment d’elle. Il se posta devant l’inconnue. Dans des gestes où se reflétait bien son mystère et son retrait, Zohéir inscrivit avec son doigt sur le sol poussiéreux : « Nom ? ». Il était évident que dans cette question implicite, l’assassin qu’émendait le prénom de la jeune femme. Poser un nom sur son visage le tracassait. Ce genre de chose apportait beaucoup pour lui, même s’il ne signifiait qu’un détail dans la personnalité de quelqu’un. Le plus mal à l’aise des deux dans cette situation n’était sûrement pas cette femme qui se trouvait, démunie, face à un malade mental dangereux et armé, mais plutôt ce dernier, qui se trouvait dans une hostilité palpable et une peur dévorante. La scène promettait l’insolite.

      Zohéir recula lentement. Il finit par se relever et se retourna. Il jeta un regard circulaire, et ses yeux se posèrent immédiatement sur un recoin sombre, à l’angle d’une cheminée délabrée. Il s’y assit, laissant ainsi une distance suffisamment grande entre lui et l’inconnue. Il se recroquevilla, aussi bien pour lutter contre le froid mordant que pour tenter vainement de mettre en ordre ses pensées. La main de cette femme était venue se loger sur sa joie, il avait senti sa chaleur, la même douceur qu’avec Eleana. Il regrettait. Affreusement. Toucher la main de l’Animux avait été une grave erreur. Il ne la commettrait plus. Il n’effleurerait plus sa peau, ne croiserait plus son regard. Ses épaules étaient légèrement secouées de tremblements, plus à cause du froid que de sa folie. Il grelottait. Cela ne lui était arrivé que rarement. Il avait de plus en plus de mal à bouger, tant ses membres se pétrifiaient sous le froid. Dans un geste désespéré, il porta sa main à sa joue, et découvrit sans étonnement que sa peau ne générait aucune chaleur, comparé à celle de la jeune femme. Il renouvela l’expérience, sans plus de succès. Puis doucement, il caressa ses propres doigts dans un signe de profonde incompréhension. Le vent au-dehors ne cessait de croître.


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Rose Kuraï
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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Lun 6 Aoû - 22:42

Rose fut légèrement déconcertée lorsque le jeune elfe s’approcha furtivement d’elle, si bien qu’elle en demeura muette. Tandis qu’elle l’observait avec un regard mêlé d’étonnement et de curiosité, il inscrivit au sol une question, une seule, bien précise : « Nom ? ». Normalement, la jeune Animux n’aurait pas réfléchi aux conséquences et aurait envoyé balader son interlocuteur avec une remarque cinglante. Mais en croisant le regard de ce Zohéir, elle sut que ce n’était pas une bonne option. Son visage, son regard, aucun d’eux ne laissait entrevoir les émotions de ce dernier. C’était sûrement délibéré. Donc le jeune homme savait cacher ses sentiments à la perfection. La jeune femme trouvait ce genre de personne presque intimidant, mais pas lui. Quelque chose lui soufflait que ce n’était pas la peine de le craindre, lui. Qu’elle pouvait lui faire confiance. Pourquoi ? Elle ne savait pas.

Avant qu’elle ait pu répondre, il recula subitement de quelques mètres, comme si il avait peur de trop s’approcher, peur de l’intimider, peur d’elle. Mais pourquoi avoir peur d’elle ? Rose ne se considérait pas comme une femme intimidante. De plus, un homme comme Zohéir n’aurait sûrement pas peur d’elle-même si elle tentait de l’intimider.

Le jeune elfe préféra apparemment s’installer dans un petit coin dans la pièce. Alors que Rose le regardait encore, il se recroquevilla. Croyant avoir mal agi, elle baissa la tête et regarda ses pieds. Elle ne savait pas comment réagir. Elle n’avait jamais fait face à genre de personne auparavant. Mais peut-être n’était-ce pas une mauvaise chose …

-Je m’appelle Rose Kuraï, déclara-t-elle.

C'était direct. La jeune rousse fixa la seule fenêtre que contenaient la pièce, et la neige qui déferlait en puissance. Elle frissonna. Ils avaient beau être à l’intérieur de cette maison, il faisait tout de même froid.

-Zohéir est un nom original, mais je ne l’ai jamais entendu, dit-elle nullement gênée. Je ne pense l’avoir lu dans un livre, je m’en souviendrais si ça aurait été le cas.

La rouquine regarda de nouveau le jeune homme.

-Vu que nous sommes tous les deux coincés ici, autant que nous fassions connaissance. Tu ne crois pas ? Proposa-t-elle d’une voix hésitante.

Elle n’était pas timide, et n’avait pas peur de lui. Mais elle restait hésitante car elle ne savait pas comment s’y prendre exactement …

Boum.
Rose sursauta de surprise. Sous son étonnement, elle se métamorphosa en tigre. Elle grogna d’exaspération, puis se tut. Son regard dériva sur la porte, là d’où le bruit provenait.

Puis, d’un coup, la porte s’ouvrit violemment. La tigresse recula précipitamment en dévisageant le nouvel arrivant qui venait de survenir dans la salle, et avait refermé la porte derrière lui. Un homme emmitouflé dans des vêtements chauds, qui restait accoudé à la porte. Tout ce qui avait de plus banal dans son physique.
Instinctivement, elle reprit sa forme humanoïde.

-Qui êtes-vous ? Demanda-t-elle.

C’est alors qu’elle remarqua non seulement son sourire sadique, son regard qui parcourait son corps avec intérêt, son poignard accroché à sa ceinture, et son fusil derrière son dos.

Et Rose se dit qu’elle venait de se mettre dans le pétrin.

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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Sam 22 Sep - 8:41



      La jeune femme venait de baisser la tête, dans ce geste chiendent qui démontrait parfois une certaine soumission, une faiblesse. Ou le sentiment d’avoir mal agi. Zohéir ne prit pas le temps de se poser la question et ne quittait des yeux ses doigts dont l’extrémité bleuissait à vue d’œil. Néanmoins, le simple fait que l’inconnue baisse les yeux ainsi le déconcertait quelque peu. Il garda cela sur le compte de la fatigue. Durant les longues et glaciales secondes qui suivirent cet instant, les aiguilles s’égrenèrent une ultime fois avant que le temps semble s’arrêter. Alors, un seul mot se répéta dans l’esprit de l’assassin, dont le sens ne lui échappait que trop peu : « Espace ». Tout comme « voyage », ces lettres signifiaient mille et une choses éphémères, intemporelles et impalpables. Et étrangement, Zohéir appréciait à penser que cette situation se trouvait hors du temps et de l’espace, en quelque sorte. Il ressassait cette pensée innée lorsque la voix de la jeune femme s’éleva dans la vieille bâtisse, ponctuée des craquements secs du toit bringuebalant.

      - Je m’appelle Rose Kuraï, déclara-t-elle.

      Si le froid n’avait pas engourdi son esprit, l’assassin aurait peut-être trouvé ce nom mélodique et doux, tout comme le timbre de voix de son interlocutrice. Mais il se contenta de tiquer au prénom, Rose, dont l’image restait une fleur aux couleurs profonde et chatoyante. Le parfait tableau introuvable dans cet environnement, en bref. Zohéir releva lentement les yeux vers la jeune femme. Pour la première fois, il ne détourna pas le regard au bout de quelques secondes et se surprit même à détailler plus amplement l’inconnue. Sa beauté le poignarda tel un couteau ardent planté dans son ventre. Ses yeux étincelaient d’une lueur d’intelligence et ses cheveux roux, de flammes, encadraient son visage candide aux traits délicats. Après les quelques heures qu’il avait passé avec elle, il la découvrait enfin sous l’angle mort, celui qui n’apparaissait que rarement et laissait un goût étrange dans la bouche. La pureté de ses yeux le saisit à la gorge, si bien qu’il fut contraint de déglutir pour ne pas s’étouffer. Malgré le dramatique de la situation, Zohéir parvint à s’attarder sur les courbes gracieuses de son corps alors que l’inconnue restait assise au sol. Auparavant, l’assassin n’avait jamais tant détaillé une femme et la curiosité mêlée à un sentiment désagréable de distance équivoque le forçait à garder les yeux rivés sur son visage. Zohéir se fit violence pour détourner enfin le regard lorsque Rose reprit la parole

      - Zohéir est un nom original, mais je ne l’ai jamais entendu. Je ne pense l’avoir lu dans un livre, je m’en souviendrais si ça aurait été le cas.

      Elle semblait à l’aise, nullement gênée, et de ses paroles découlait une sensation de sûreté et de confiance en soi que Zohéir avait perdu depuis des lustres déjà. Il retrouva dans sa voix les doux mots d’Eleana, qui avait prononcé le même discours à quelques détails près. C’en était presque comme si la chaleur de son seul et unique baiser revenait avec violence se ficher dans l’âme de l’assassin, qui retint une plainte. La situation prenait un tournant qu’il redoutait, et qu’il n’aimait guère. Tout avait commencé ainsi la première fois, Tout continuait encore dans le même sens, et Tout continuait de lui tordre le ventre, comme si un nœud invisible s’y était formé. Ce fameux Tout pourrait être qualifié de la plus belle chose sur ce piètre monde, la plus respectable, mais aussi la plus douloureuse, la plus dangereuse. Zohéir ne savait comment la nommer, car il ne s’agissait pas de l’amour. Mais plutôt des prémices d’une affection, ou tout au moins l’orée de la confiance. Oui, la confiance, c’était cela. La confiance. Un principe mythique dans l’existence de Zohéir.

      - Vu que nous sommes tous les deux coincés ici, autant que nous fassions connaissance. Tu ne crois pas ? proposa Rose d’une voix hésitante.

      C’était plus facile à dire qu’à faire, en compagnie de Zohéir. Il ne s’était révélé qu’à une seule femme, une seule et unique. Eleana. Et pour l’instant, il ne se sentait pas capable de renouveler cette l’expérience, surtout face à une pseudo inconnue. Et pourtant, il aurait tant aimé qu’elle comprenne son trouble, ses rêves et son passé, sans pour autant user des mots. Zohéir pressenti une certaine hésitation dans la voix de Rose, signe qu’elle n’avait encore aucune idée de comment s’y prendre pour engager une conversation avec un muet qui n’a plus toute sa tête. En théorie, c’était compréhensible. Malgré tout, l’assassin se surprit à encore espérer qu’elle trouverait le moyen de communiquer avec lui sans forcément l’obliger à parler. Et en cet instant précis, la seule chose que désirait le plus Zohéir était qu’elle lui parle, elle. Entendre le son de sa voix, s’en était presque devenu un détail capiteux. Il fixa ses fines lèvres pourprées, contrastant sans peine avec son visage dont la beauté juvénile pâlissait la peau, espérant, hagard, qu’elles s’entrouvriraient pour laisser s’échapper un son, un mot.

      La scène fut brisée de façon radicale. Un « Boum » sonore retentit, coupant court les pensées de l’assassin. Dans un bel ensemble, Rose et lui tournèrent le regard vers l’origine de ce vacarme insolite et découvrirent, non sans un certain effroi, la porte délabrée de la pauvre maisonnée s’ouvrir violemment. Un homme emmitouflé dans des vêtements de fourrure pénétra dans la pièce d’un air bourru, dissimulant le claquement de ses dents sous une barbe de plusieurs jours. Ses sourcils broussailleux lui donnaient un air sévère et ses yeux noirs comme la suie peignait sur son visage un instinct animal, comme si son âme avait toujours été celle d’un prédateur. Il traîna son imposante carcasse de deux mètres dans le salon vétuste où se trouvaient Rose et Zohéir et son regard se posa directement sur la jeune femme, une étincelle de désir pervers dans les yeux. Il esquissa un sourire mesquin, dévoilant des dents jaunies. Dans son dos trônait un fusil de chasse et un poignard ensanglanté ornait sa ceinture de cuir noire. Sûrement avait-il prit le temps de tuer sn gibier avant que la tempête ne se déclare. L’animux s’était instinctivement métamorphosée en un tigre redoutable mais dont la fourrure de feu soyeuse et propre trahissait son sexe. Ses moustaches frémirent et elle recula précipitamment mais, lorsque l’inconnu s’adossa à la porte, elle se contraignit à reprendre sa forme humaine. Le sourire du chasseur refléta soudain un sadisme menaçant alors que ses yeux parcouraient le corps de Rose avec intérêt. Il ne semblait pas avoir remarqué la présence de Zohéir, toujours tapi dans l’ombre de l’angle de la cheminée. Ce dernier s’abstenu bien d’attirer l’attention sur lui, se contentant de serrer tant bien que mal la garde de son poignard dans sa main pétrifiée par le froid.

      - Qui êtes-vous ? demanda Rose d’une voix peu assurée en détaillant le nouveau venu.

      Ce dernier ne répondit pas et se contenta de faire un pas en avant. Puis deux. Ses enjambées étaient immenses et, en un dixième de secondes, il fut face à la jeune femme, qui semblait soudain frêle et fragile devant la carrure d’armoire à glace de l’homme. Ce dernier devait certainement avoisiner les quarante mille ans. Il agrippa nonchalamment la nuque de Rose qui n’eut pas le temps de se débattre et approcha sa bouche de son oreille, avant de lâcher en un souffle chaud et nauséabond :

      - Si je m’étais attendu à tomber nez à nez avec une si belle créature… j’aurai favorisé le détour plus tôt.

      Ne laissant aucunement le temps à Rose pour exécuter le moindre geste, le chasseur la plaqua violemment au sol avec un croche-pied calculé. La jeune femme tenta tout de même de se débattre mais l’homme dégaina rapidement son poignard et lui planta sauvagement dans l’épaule. Le cri de douleur de l’animux fit monter une colère sans nom en Zohéir, qui se releva d’un bond et se dévoila enfin. Le chasseur ne put se retourner que, déjà, l’assassin le menaçait de la pointe de son poignard entre ses omoplates. L’inconnu laissa échapper un petit rire et railla en détournant les yeux vers le jeune homme.

      - Gamin, si tu crois pouvoir faire obstacle à mes désirs, tu te fourres le doigt dans l’œil.

      Il relâcha sa prise sur Rose et tenta un direct vers la tempe de l’elfe. Ce dernier usa de sa vitesse surhumaine pour esquisser agilement le coup et profita de la déstabilisation de son ennemi pour lui assener un coup de poignard dans le dos, pile sur la colonne vertébrale. Il avait connu bien plus coriace comme ennemi, et, se croyant tiré d’affaire, il se détourna de sa cible pour se précipiter vers Rose. Alors qu’il s’agenouillait près d’elle sans aucune once de peur, vu la situation critique, un rire tonitruant retentit. Le chasseur, écroulé à terre suite au coup porté dans son dos, ricanait bruyamment et fit une chose improbable vu sa blessure : il extirpa le poignard de la plaie et le jeta au sol. L’arme ne portait pas une goutte de sang. C’est alors que l’homme se releva avec son éternel sourire sadique et dévoila l’épaisse cotte de maille qu’il dissimulait sous ses vêtements de fourrure. L’inconnu n’était donc pas qu’un simple chasseur, c’était un brigand, un mercenaire.

      Ce dernier s’élança de nouveau sur Zohéir, le poignard à la main, et le bouscula avec une telle force que l’assassin fut projeté au sol, plusieurs mètres plus loin. Sonné, il ne put évita la proéminente main de l’homme qui l’empoigna par le cou. À peine deux secondes plus tard, l’assassin était envoyé à une vitesse folle contre la fenêtre du salon et transperçait violemment la vitre avant d’atterrir lourdement dans la neige et le froid. Le brigand quitta la maison de taule en poussant un cri sauvage et se précipita sur Zohéir. Ce dernier l’évita de justesse en roulant sur le côté et son ennemi vint s’étaler de tout son long dans un névé. Le jeune n’hésita pas une seconde et envoya un puissant coup de pied entre les côtes de son adversaire. Celui-ci, malgré sa cote de mailles, ne put retenir un gémissement de douleur et peina à se relever. La tempête avait redoublé d’effort et Zohéir chancela. Sa vue se troubla. Il distingua avec peine le brigand agripper son fusil et le mettre en joug. Le coup fusa vite, sans aucune hésitation de la part du tireur. Le jeune elfe sentit un trait froid effleurer sa joue et le sifflement d’une balle lui vrilla les tympans. Cette dernière n’avait qu’effleuré son visage et le froid dissipait la faible douleur qui découlait de cette fine plaie. Mais le coup ne fut pas sans répercutions. Effectivement, le bruit causé fit trembler les pins alentours et une imposante masse de neige quitta le confort des branches pour venir s’écraser tout droit sur le chasseur. Ce dernier n’en ressorti pas vivant, et Zohéir devait sa vie à une piètre chute de neige. Parfois, la nature faisait vraiment bien les choses.

      Après quoi, le jeune elfe se hâta de rentrer dans la maison de taule, les membres glacés. Il le parvenait plus à bouger ses doigts et sentait ses muscles se solidifier peu à peu. Une fois de retour dans le salon, il clopina tant bien que mal vers Rose, qui passait de l’inconscience à la réalité, et passa un de ses bras sous ses aisselles avant de la soulever et de lui faire quitter la pièce désormais glaciale étant donné le trou béant dans la vitre. Zohéir prit soin de refermer la porte du salon derrière lui et commença la montée des marches d’escaliers. Après un effort surhumain de sa part, puisant dans la force du désespoir, il parvint en haut et pénétra dans la première chambre qu’il aperçut. Là, aucune fenêtre ne demeurait, mais le froid était toujours présent, bien que moins que dans le salon. Il ne subsistait ici qu’un vieux lit où Zohéir se hâta de déposer Rose. Après quoi, il découvrit la blessure à l’épaule de la jeune femme en hésitant au début à la toucher. Il la pansa du mieux qu’il put avec un pan de ses vêtements et le froid s’était chargé de stopper l’hémorragie. Quand ce fut chose faite, il se laissa tomber au pied du lit et se recroquevilla, priant le froid de l’emporter au plus vite.


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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Sam 22 Sep - 10:17

L’inconnu ne lui répondit pas, mais préféra s’approcher d’elle. Rose ne réagit tout d’abord pas, encore figée sur place. C’était comme si ses membres refusaient de lui répondre. Elle demeurait aussi immobile qu’une statue. La peur et l’appréhension lui nouait l’estomac, l’empêchant d’esquisser le moindre mouvement. Une fois suffisamment prêt, l’homme l’empoigna derrière la nuque et approcha sa bouche de son oreille.

- Si je m’étais attendu à tomber nez à nez avec une si belle créature… j’aurai favorisé le détour plus tôt, lui glissa-t-il d’une voix qui fit frissonner l’Animux.

Là, elle pouvait l’admettre. Elle avait peur. Peur de cet homme, de ces intentions, de ce qu’il allait faire. Quoi que ce n’était pas difficile à devenir.
L’odeur nauséabonde qu’il dégageait fit grimacer Rose de dégoût. Elle ne put pas répondre à ses paroles qu’il l’avait déjà plaqué brutalement sur le sol. Instinctivement, elle se débattit de désespoir, en vain. Son adversaire avait plus de force qu’elle, et avait l’avantage de la dominer de toute sa taille. Elle lui griffa le visage et, en retour, il lui donna un coup de poignard dans son épaule gauche. Aussitôt, la rouquine cria de douleur. Celle-ci avait explosé d’un coup, lui procurant des frissons dans tout son corps. Rose se mordit sauvagement la lèvre pour s’empêcher d’hurler plus. C’était horrible. Jamais elle n’avait ressentis ça. C’était pour dire aussi qu’elle n’avait jamais été aussi gravement blessée. Elle ferma les yeux, tentant de ne plus penser à son épaule. Mais c’était vain. Cela devenait presque impossible pour elle de penser à autre chose maintenant. Son cerveau n’arrivait pas à se fixer sur autre chose que ce que son corps éprouvait.

Malgré tout, Rose parvint à entendre un rire gras résonner. Une voix qui lui semblait lointaine fusa :

- Gamin, si tu crois pouvoir faire obstacle à mes désirs, tu te fourres le doigt dans l’œil.

Rose sentit avec soulagement le poids qu’oppressait son imposant s’estomper. Il l’avait libéré de son emprise. Mais cela ne faisait ni chaud ni froid à la jeune rousse, qui restait là, allongée, la respiration irrégulière et saccadée. Des spasmes se propageaient dans son anatomie, la frappant de plein fouet. Elle ne criait plus, mais elle haletait, se mordait la lèvre et fermait les paupières. Elle ne se préoccupait plus de ce qui se passait autour d’elle. Plus rien n’avait d’importance. Elle ne pensait plus à rien. La fatigue menaçait de l’emporter comme une vague. L’Animux pensait que si elle fermait les yeux, elle ne pourrait plus jamais revoir la lumière un jour. Chose inexacte, vu qu’elle n’était pas blessé mortellement. Pourtant, c’était comme si. Après tout, Rose se situait dans une cabane abandonnée, au milieu d’une tempête, grelotant de froid, sauvagement blessé. Le sommeil risquait fort de prendre une virée plus profonde. Toutefois, la jeune femme pensait que ce n’était pas une si mauvaise idée. Si elle sombrait, elle n’aurait plus mal. La douleur s’arrêterait. Et tout finirait par se terminer … Définitivement.

Un visage apparut soudainement dans son champ de vision. Familier … Et ses yeux bleus perçants, si hypnotisant … Elle les reconnaissait. Ils appartenaient au jeune homme muet qui était piégé dans la cabane avec elle. Celui qui l’avait sauvé. Elle esquissa un léger sourire. Il était là. Elle n’était pas si seule que ça en fait. La rouquine se souvenait de son nom maintenant. Zohéir. Zohéir …

Et c’est là que Rose rendit les armes, et sombra dans l’inconscience, alors que le visage de Zohéir disparaissait …

**
*

Rose finit par se réveiller. Difficilement, certes. Elle plissa longuement les yeux, encore un peu groggy. Elle respirait presque difficilement, chaque bouffée devenait lourde au fur et à mesure. L’air glacial lui rentrait dans les poumons, la gelant autant à l’intérieur de son corps qu’à l’intérieur. Ses lèvres étaient carrément devenues bleues. Son visage avait pris une teinte blafarde. La jeune femme reposait sur un lit, et se trouvait dans une chambre. Sûrement à l'étage de la maison. Elle tourna lentement la tête, et remarqua alors la présence d’un bout de tissu qui servait de bandage sur sa blessure. Le tissu était légèrement coloré d’une teinte pourpre. Mais elle n’y prêta guère d’attention. Cette dernière étant totalement vrillée sur la présence du jeune homme, pas très loin d’elle. Il était recroquevillé dans un coin, le visage inexpressif. Mais l’Animux ne s’en formalisa pas.

-J’ai l’impression que je ne fais que te remercier pour m’avoir la vie, sourit-elle avec un petit rire qui sortit difficilement de ses lèvres gelées.

Elle soupira. Elle avait envie de parler. Bizarre comme envie dans ce genre de situation. Mais bon, parlait l’aidait à ne pas sombrer.

La rouquine laissa son bras non-blessé pendre sur le côté, comme si elle invitait Zohéir à la rejoindre, lui prendre la main. C’était ridicule. Elle le connaissait à peine, pourquoi faisait-elle ça ? Peut-être que parce que dans ce genre de situation, il valait mieux se serrer les coudes et se réconforter réciproquement. Et que le réconfort qu’apportait sa présence lui faisait du bien.

-C’est bizarre, c’est comme si il me suffisait de fermer les yeux et de sombrer pour ne plus souffrir … Murmura-t-elle d’une voix douce.

Elle ferma les yeux quelques secondes. Avant de les rouvrir.

-Mais je ne veux pas dormir, ni mourir ici, comme ça, de cette manière. C’est trop facile, presque indigne. Mais pourtant, la mort pourrait presque paraître douce maintenant.

Un rire la secoua un peu.

-Tu dois me prendre pour une folle, mais même si je ne te connais pas beaucoup, ça me fait plaisir que tu sois là. Que je ne sois pas toute seule ici, dans cette maison, à mourir de froid. J’aime bien ta présence. Mon seul regret c’est de risquer de ne pas en profiter plus longtemps.

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MessageSujet: Re: Time of the Identity [Pv Rose] Sam 22 Sep - 20:51



      C’était un son. Un chuintement lointain et presque inaudible. Des mots s’y mélangeaient peu à peu et formaient des phrases insensées. Zohéir y reconnu les termes « remercier » et « vie », alors que son esprit s’embrumait un peu plus chaque seconde. Le froid était véritablement un ennemi redoutable. Tout le corps du jeune elfe se trouvait endolori, comme enduit d’une substance dure et froide. La glace. Cette dernière pétrifiait chacun de ses membres et créait de fins nuages blancs lorsqu’il respirait. Il tremblait légèrement, grelotait. Si le vacarme dehors n’avait pas été encore quelque peu présent et si la fatigue ne tentait pas avec fougue d’emporter le jeune elfe, ce dernier aurait peut-être entendu le réveil de Rose et ses premières paroles. Il comprit toute fois qu’elle le remerciait une nouvelle fois de lui avoir sauvé la vie. Mais sa voix… Il aurait tant aimé entendre distinctement sa voix. Zohéir ouvrit difficilement les yeux et cligna des paupières. Il se trouvait face contre le plancher glacé, au pied du lit. En relevant légèrement les yeux, il pouvait apercevoir Rose et son regard si capiteux qui le fixait. Elle laissait lentement pendre son bras valide près du lit, incitant l’assassin à réagir. Ce dernier posa les yeux sur sa main.

      - C’est bizarre, c’est comme si il me suffisait de fermer les yeux et de sombrer pour ne plus souffrir…, murmura-t-elle d’une voix douce.

      Un long frisson glacé remonta dans le dos de Zohéir. Il comprenait parfaitement ce que la jeune femme insinuait, mais il considérait que ce rendre ainsi à la volonté de la mort était une forme de lâcheté. L’elfe se redressa et, engourdi par le froid, son bras droit craqua sinistrement sans qu’il ne ressente la moindre douleur. Son visage était plus pâle que jamais et ses yeux s’assombrissaient à vue d’œil {jeu de mot involontaire} et leur éclat perdait en intensité. Seule une faible étincelle de vie brillait encore dans son regard désormais éteint. L’assassin se traina plus près encore du lit et se cala contre le mur, tout proche de la main de Rose, sans pour autant la toucher. Il n’osait pas, redoutait le contact avec les doigts fins de la jeune femme. Durant ces quelques secondes, cette dernière avait lentement fermé les yeux et semblait méditer sur leur triste sort. Mais au plus grand soulagement de Zohéir, elle finit par les rouvrir et enchaîna :

      - Mais je ne veux pas dormir, ni mourir ici, comme ça, de cette manière. C’est trop facile, presque indigne. Mais pourtant, la mort pourrait presque paraître douce maintenant.

      Le léger rire qu’elle laissa ensuite échapper ne parvint même plus à surprendre l’elfe. Il connaissait la mort et la côtoyait chaque jour un peu plus, il pouvait donc admettre sans peine qu’elle n’était ni douce ni enchanteresse, même dans une situation aussi critique que celle-ci. La mort paraissait plus glacée que la glace elle-même, plus venimeuse qu’un Tretias adulte et plus cruelle que la peste. Son cœur était un roc de granit et d’obsidienne qui s’effritait et jouissait du mal des autres. La souffrance était sa plus grande alliée, sa confidente. Mais quoi qu’on en dise, non, la mort ne serait jamais douce. Jamais. Zohéir ne désirait pas plus que Rose mourir ici et, tout comme il espérait qu’elle le ferait de son côté, il ne rendrait pas les armes avant d’avoir atteint l’extrême limite du gouffre de la vie. La glace ne l’achèverait pas, car au fond, le froid, c’était lui.

      - Tu dois me prendre pour une folle, mais même si je ne te connais pas beaucoup, ça me fait plaisir que tu sois là. Que je ne sois pas toute seule ici, dans cette maison, à mourir de froid. J’aime bien ta présence. Mon seul regret c’est de risquer de ne pas en profiter plus longtemps.

      Zohéir tressaillit et releva les yeux vers la jeune femme. Ses mots s’étaient fichés dans son esprit avec une force poignante. Le nœud dans son ventre le taraudait, mais il l’ignora en croisant le regard perçant de Rose. Ses paroles restaient à la fois le délicieux nectar qui lui permettait de rester en vie, mais aussi le plus acide des poisons qui rongeait ses veines en y plongeant de douloureux souvenirs, des sentiments tus et scellés. Eleana. Ce prénom fit écho à la plainte répercutée dans son esprit. Ses mains se mirent à trembler irrégulièrement, comme lors de ses crises d’épilepsies. Il se recroquevilla un peu plus sur lui-même, tentant vainement de digérer les paroles de la jeune femme. Il n’avait pas du tout l’habitude qu’on lui parle ainsi. « …de ne pas en profiter plus longtemps. » Que voulait-elle dire ? Que tout allait bientôt prendre fin ? Baissait-elle déjà les bras ?

      Zohéir fixa la main de Rose qu’elle laissait pendre près d’elle, tout près de lui. Alors très lentement, avec une hésitation et une peur bien visible, il approcha ses doigts de la paume de la jeune femme. Doucement, dans des gestes infiniment délicats, il commença à lui caresser la main comme il l’avait fait avec Eleana dans la caverne. Mais avec cette dernière, le contact l’avait électrifié, lui avait insufflé en une poignée de seconde un seul et unique sentiment, qu’il ressentait encore pour elle en cet instant : l’Amour, avec un grand A. Avec Rose, c’était différent. Différentes sensations se mélangeaient. La confiance qu’il éprouvait désormais pour elle, le mystère, l’attachement, la sensibilité des actes, et ce lien invisible et indéfectible qui semblait les lier dans la souffrance, dans la misère. Dans la survie. Zohéir vint poser sa main de Rose contre sa joue et frémit à son contact. Il ferma les yeux.


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